Davantage autiste après le diagnostic ?
Quand le médecin du CRA m'a confirmé avec un grand sourire que je présentais un TSA de type Syndrome d'Asperger1 j'ai ressenti un soulagement. Y'a rien à réparer, c'est mon fonctionnement normal. Je suis pas cassé, juste câblé différemment.
Mais passé ce soulagement, la première question qui s'est imposée a naturellement été "Et maintenant, je fais quoi avec ça ?". Parce qu'on m'a donné l'explication, mais pas le mode d'emploi. Alors que c'est quand même ça le plus gros problème : l'étiquette, je m'en fous, ce que je veux, c'est comprendre comment j'avance.
Apprendre, comprendre
En sept ans depuis mon diagnostic, j'ai rencontré des dizaines de personnes autistes, avec ou sans TDA/H, avec ou sans TCA, avec ou sans Trouble Dys, dépressives, pas dépressives, etc. J'ai fait de l'associatif, j'ai fait des formations.
Et en apprenant à comprendre l'autisme, j'ai pris conscience, progressivement, des efforts que je fournissais au quotidien. J'ai commencé à comprendre pourquoi l'emploi salarié c'était pas fait pour moi, pourquoi j'avais toujours eu des problèmes avec mes patrons.
La lumière
Je ne suis pas devenu plus autiste, j'ai fait attention à ce que je ressentais, j'ai commencé à apprendre à nommer mes émotions ou au moins à les identifier et à mettre des limites quant aux efforts que j'acceptais de fournir. Et j'acceptais d'en fournir de moins en moins, je verbalisais davantage ces limites. De l'extérieur, on aurait pu penser que je me réfugiais derrière mon diagnostic. Pas du tout : je commençais à l'utiliser comme un outil.
L'obscurité
Et puis j'ai fait un burnout. Parce que même quand on connait ses limites (au moins un peu), quand on est TSA, on a du mal à relever la tête quand on est plongé dans un intérêt spécifique. Parce qu'on s'en nourrit. Et quand ça ne nous nourrit plus, on explose. En plein vol.
Tolérance
Si vous n'êtes pas autiste, ne jugez pas sur ce que vous voyez et ce que vous comprenez. Parce que vous ne voyez pas tout et surtout, vous ne comprenez pas tout. Vous ne pouvez pas comprendre. Acceptez simplement que quelqu'un puisse avoir un fonctionnement qui n'est pas le vôtre, des limites différentes des vôtres. Et ne reprochez à personne de les exprimer : posez-vous plutôt la question de savoir quelles sont vos limites à vous et si vous vous respectez en ne les respectant pas.